Une histoire

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L’histoire du Crédit Agricole

Naître de l’exclusion

Dans les années 1880, les besoins importants de crédit des agriculteurs ne sont pas satisfaits par les banques classiques. Leurs instruments d’intervention ne conviennent à ce secteur.

S’appuyant sur une tradition de solidarité rurale, les agriculteurs saisissent la possibilité offerte par la loi de 1884, qui autorise les syndicats, à créer des coopératives de Crédit. Leur but est de permettre aux agriculteurs d’emprunter les fonds nécessaires au développement de leurs activités.

La première Caisse locale est ainsi fondée à Poligny (Jura) en 1885. Les initiatives se multiplient partout en France et le 5 novembre 1894, la loi Méline donne un cadre juridique spécifique aux Caisses locales. Le succès est grand, à la mesure des besoins du secteur agricole. La collecte des Caisses locales ne suffit pas à alimenter les prêts. L’Etat accorde dès lors des avances dont la répartition sera assurée par les Caisses régionales instituées par la loi du 31 mars 1899.

Cette même logique présidera, en 1920, à la création d’un office national qui deviendra la Caisse Nationale de Crédit Agricole (CNCA) en 1926.

Tout comme une logique de concertation entre Caisses régionales amènera la création en 1908, d’une première Fédération nationale qui prendra le nom de Fédération Nationale du Crédit Agricole en 1948. Dès lors, c’est d’une même et seule voix que l’ensemble des Caisses régionales parleront à l’Etat présent dans la CNCA. Tous les acteurs sont là pour écrire l’histoire réussie d’une banque coopérative et mutualiste.

Grandir dans la proximité

Le Crédit Agricole est ainsi parti de la ruralité pour servir progressivement l’ensemble des populations d’un territoire. Par exemple en 1923, il est le principal artisan de l’électrification du monde rural. Accompagner la modernisation du monde rural, l’amène tout naturellement à servir toutes les clientèles de celui-ci. C’est un décret de 1959 qui l’autorise à financer le logement principal en milieu rural quel que soit le statut du propriétaire.

La loi  de la « ruralité » de 1971 étend les possibilités de financement du Crédit Agricole aux artisans et à l’industrie agro-alimentaire. D’autres réformes étendent progressivement son champ de compétence (prêts au PME-PMI par exemple) et lui permettent de s’affirmer comme la banque du logement et des ménages. La loi bancaire de 1984, lui reconnaît un statut de banque à part entière, confirmé  par sa réussite commerciale qui le place déjà parmi les plus grandes banques mondiales.

Une étape importante de l’histoire du Crédit Agricole est franchie avec la loi de mutualisation du 18 janvier 1988 : le capital de la CNCA, transformée en Société Anonyme, est cédé par l’Etat pour 90% aux Caisses régionales et pour 10% au personnel. Le Crédit Agricole devient totalement indépendant de l’Etat.

En 1990, le Crédit Agricole perd le monopole des prêts bonifiés à l’agriculture mais se voit accorder une extension totale de ses compétences dans les grandes villes et auprès des grandes entreprises. Dès lors le Crédit Agricole peut poursuivre une politique de développement universel aussi bien dans ses métiers de base que dans de nouveaux métiers tels que l’assurance et servir toutes les clientèles du territoire national.

Grandir en gardant ses racines

La diversification opérée par le Crédit Agricole dans ses métiers avait commencé dès la fin des années 1980. En matière d’assurances, Predica, compagnie d’assurance de personnes, créée en 1986, devient le n°1 français en 1994. Quant à Pacifica, créée en 1990, couvre le secteur de l’assurance dommages.

En 1996, le Crédit Agricole acquiert la Banque Indosuez qui lui permet véritablement de prendre pied au niveau international. Des participations prises dans le capital de diverses banques étrangères (Italie, Portugal) fortifient sa présence à l’international.
Sur le plan domestique, le Crédit Agricole acquiert, en 1999, un des leaders du crédit à la consommation Sofinco qui sera suivi de Finaref en 2003.

En introduisant en bourse en 2001, la CNCA sous le nom de Crédit Agricole S.A., les Caisses régionales, actionnaires majoritaires, disposent d’un véhicule côté pour participer à de grandes opérations de croissance. En juin 2003, un pas de géant est effectué dans le développement avec la réussite d’une offre amicale d’échange de Crédit Agricole S.A. sur le Crédit Lyonnais qui permettra au groupe de se structurer plus efficacement.

Crédit Agricole S.A. poursuit dès lors un ambitieux plan de développement par croissance externe qui le conduit à être présent dans 19 pays européens en banque de proximité.

Elargir ses domaines d’expertise en France et à l’international, tout en restant fidèle à ses racines mutualistes incarnées par les 39 Caisses régionales réparties sur tout le territoire national, telle est la gageure réussie d’une banque coopérative née il y a plus de 120 ans et désireuse de devenir leader en Europe de la banque universelle de proximité.